Olives et huile d’olive en Syrie : histoire, production et traditions
La Syrie possède une longue tradition oléicole. Depuis des milliers d’années, l’olivier fait partie des paysages, de l’agriculture et de l’alimentation du pays. Aujourd’hui encore, les olives et l’huile d’olive occupent une place importante dans l’économie rurale syrienne et dans la cuisine du pays.
Avec plusieurs centaines de milliers d’hectares consacrés à l’olivier et plus de 100 millions d’arbres recensés, la Syrie dispose d’un patrimoine oléicole particulièrement riche. La filière fait également vivre de nombreuses familles agricoles. La FAO considère d’ailleurs l’olive comme le produit agricole prioritaire de la Syrie dans le cadre de son initiative « One Country One Priority Product ».
Mais quelles sont les principales caractéristiques de l’oléiculture syrienne ? Quelles olives y sont cultivées ? Quelle quantité d’huile d’olive produit le pays ? Et quels sont les défis auxquels la filière doit aujourd’hui faire face ?
L’olivier, un arbre profondément ancré dans l’histoire de la Syrie
L’olivier accompagne l’histoire de la Syrie depuis l’Antiquité. Cette culture s’est développée dans différentes régions du pays grâce à la capacité de l’arbre à s’adapter à des conditions climatiques variées.
L’oléiculture syrienne repose notamment sur des variétés locales adaptées à leur environnement. Certaines sont destinées principalement à la production d’huile, tandis que d’autres peuvent également être utilisées comme olives de table.
Cette diversité constitue l’une des richesses du patrimoine agricole syrien. Des travaux scientifiques ont notamment étudié plusieurs cultivars locaux comme Sorani, Qaisi et Jlot, ainsi que leurs caractéristiques agronomiques et technologiques.
L’ancienneté de cette culture ne signifie toutefois pas que la filière soit figée. Les producteurs doivent aujourd’hui composer avec les évolutions climatiques, les ravageurs et les variations importantes des récoltes d’une année à l’autre.
La Syrie, une terre importante pour l’oléiculture
L’olivier occupe une place considérable dans l’agriculture syrienne. Selon des données publiées en 2025 par l’agence SANA, la Syrie comptait alors plus de 101 millions d’oliviers, dont environ 90 millions d’arbres productifs. La superficie consacrée à cette culture était estimée à environ 674 000 hectares, soit près de 12 % de la superficie cultivée.
La FAO utilise de son côté une estimation proche, d’environ 700 000 hectares, et indique que le secteur soutient les moyens de subsistance d’environ 300 000 familles agricoles. Les différences entre les chiffres s’expliquent notamment par les sources et les périodes considérées.
L’olivier représente donc bien davantage qu’une simple culture destinée à produire de l’huile. Il constitue une activité essentielle pour de nombreuses zones rurales et participe à la sécurité alimentaire du pays.
Quelle est la production d’olives et d’huile d’olive en Syrie ?
La production syrienne varie fortement selon les campagnes. Les conditions météorologiques, la disponibilité en eau, les maladies et les ravageurs peuvent notamment influencer les rendements.
Pour la campagne 2024, les données communiquées par le ministère syrien de l’Agriculture faisaient état d’environ 761 764 tonnes d’olives. Environ 80 % de cette production étaient destinés à l’extraction d’huile et 20 % aux olives de table.
La production d’huile d’olive atteignait alors environ 122 000 tonnes. La consommation intérieure était estimée à 100 000 tonnes, laissant un excédent d’environ 22 000 tonnes destiné à l’exportation.
Ces chiffres montrent l’importance du marché intérieur syrien. L’huile d’olive n’est pas seulement destinée à l’exportation : elle occupe également une place importante dans l’alimentation quotidienne.
La filière dispose par ailleurs d’activités de filtration et de conditionnement. Selon les données publiées en 2025, 35 entreprises syriennes étaient alors spécialisées dans la filtration et le conditionnement de l’huile d’olive.
Les principales variétés d’olives cultivées en Syrie
La Syrie possède un patrimoine variétal particulièrement diversifié. Il est donc préférable de ne pas réduire l’oléiculture syrienne à seulement deux ou trois variétés.
Parmi les cultivars documentés figurent notamment Sorani, Zeiti, Qaisi, Khodeiri et Doebli. Des recherches agronomiques ont étudié leurs caractéristiques, leur rendement et leur adaptation aux différents environnements syriens.
La Souri ou Sorani
La Souri, également appelée Sorani selon les sources et les régions, fait partie des variétés traditionnellement associées à l’espace levantin. Le Conseil oléicole international la décrit comme une variété principalement destinée à l’huile, avec également une utilisation pour les olives de table. Elle est notamment adaptée aux conditions semi-arides et peut présenter une teneur en huile élevée.
La Zeiti
La Zeiti fait également partie des cultivars syriens documentés. Des travaux comparatifs ont étudié ses caractéristiques avec celles de Sorani et Qaisi dans différentes conditions climatiques.
La Qaisi
La Qaisi est une autre variété étudiée dans les recherches consacrées au patrimoine oléicole syrien. Certaines études l’ont analysée pour son rendement, les caractéristiques de ses fruits et son potentiel de production d’huile.
Cette diversité variétale permet à la Syrie de disposer d’un patrimoine génétique important, mais elle nécessite aussi des recherches et une conservation adaptées afin de préserver ces ressources.
Où sont cultivés les oliviers en Syrie ?
Les oliviers sont présents dans plusieurs régions syriennes et dans des environnements climatiques différents.
Des recherches ont notamment étudié des variétés cultivées dans les régions d’Alep, d’Idlib, de Homs, de Hama et du littoral syrien. Cette diversité géographique explique en partie la richesse du patrimoine variétal du pays.
La région côtière possède notamment une tradition oléicole importante. Des travaux récents se sont intéressés à des variétés comme Khodeiri et Doebli cultivées dans la région de Lattaquié.
La production ne se limite toutefois pas aux zones côtières. L’olivier est également cultivé dans des régions intérieures où les conditions sont plus sèches.

Carte de l’implantation des oliviers en Syrie
Comment les olives syriennes sont-elles utilisées ?
Une partie de la récolte sert à produire de l’huile d’olive, tandis que les producteurs préparent une autre partie en olives de table.
Lors de la campagne 2024, les producteurs syriens ont consacré environ 20 % de la production d’olives à la consommation comme olives de table, contre 80 % à l’extraction d’huile, selon les données du ministère syrien de l’Agriculture.
Les olives de table peuvent accompagner les repas et entrer dans différentes préparations culinaires. Elles s’inscrivent plus largement dans une alimentation méditerranéenne où les olives, l’huile d’olive, les légumes, les céréales et les légumineuses occupent une place importante.
L’huile d’olive dans la cuisine syrienne
L’huile d’olive est largement utilisée dans la cuisine syrienne et méditerranéenne.
Elle peut servir à assaisonner les salades, accompagner les légumes ou entrer dans la préparation de nombreux plats. Elle est également utilisée pour conserver ou préparer certains aliments.
La FAO souligne elle-même que l’olive constitue un aliment apprécié par une grande partie de la population syrienne et qu’elle représente un ingrédient connu des cuisines syrienne et méditerranéenne.
Cette place dans l’alimentation explique également l’importance de la consommation locale d’huile d’olive. En 2024, la consommation intérieure représentait environ 100 000 tonnes sur les 122 000 tonnes produites.
Une filière confrontée aux changements climatiques
Comme dans de nombreux pays producteurs d’olives, l’oléiculture syrienne doit faire face à des conditions météorologiques de plus en plus difficiles à prévoir.
La FAO signale notamment des précipitations irrégulières et des températures fluctuantes. Ces conditions peuvent favoriser certains ravageurs et affecter à la fois le rendement et la qualité des olives.
Les oliviers sont également concernés par le phénomène d’alternance, avec une récolte importante certaines années et une production plus faible l’année suivante. Cette particularité naturelle peut accentuer les variations de production.
La mouche de l’olive constitue également une menace pour les cultures. Des travaux menés en Syrie ont étudié la sensibilité de plusieurs variétés locales à ce ravageur.
Pour répondre à ces difficultés, la FAO accompagne notamment des producteurs dans l’utilisation de pratiques agricoles adaptées au climat et dans la gestion intégrée des ravageurs.
Quel avenir pour la filière oléicole syrienne ?
Le développement de la filière constitue aujourd’hui un enjeu agricole et économique important.
En 2025, la FAO, le ministère syrien de l’Agriculture et des partenaires italiens ont organisé une table ronde consacrée à l’avenir du secteur de l’olivier. Cette rencontre s’inscrivait dans une étude de la chaîne de valeur de la filière et dans l’initiative « One Country One Priority Product ».
L’objectif est notamment de mieux valoriser la production, d’améliorer les pratiques agricoles, de renforcer la qualité et de développer les débouchés.
Les variations de production montrent également l’importance de l’adaptation aux conditions locales. En septembre 2026, la direction de l’Agriculture de Tartous estimait par exemple la production d’olives de la province à environ 127 000 tonnes pour la campagne en cours, contre 10 000 tonnes l’année précédente. Elle attribuait cette forte progression notamment aux conditions météorologiques favorables et aux mesures de lutte intégrée contre certaines maladies et certains ravageurs.
Cet exemple illustre une réalité essentielle : la production d’olives peut varier considérablement d’une campagne à l’autre.
Une tradition oléicole qui se poursuit
L’histoire de l’olivier en Syrie ne se résume pas à son ancienneté. Aujourd’hui encore, cet arbre joue un rôle majeur dans l’agriculture, l’alimentation et l’économie rurale.
Avec plus de 100 millions d’oliviers, des centaines de milliers de familles concernées et une production d’huile d’olive qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de tonnes selon les campagnes, la Syrie possède une véritable culture oléicole.
La diversité de ses variétés, la présence de l’olivier dans différentes régions et les savoir-faire transmis au fil des générations constituent un patrimoine important.
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FAQ – Olives et huile d’olive en Syrie
Quelle quantité d’huile d’olive produit la Syrie ?
Lors de la campagne 2024, la production syrienne d’huile d’olive a atteint environ 122 000 tonnes, selon les données communiquées par le ministère syrien de l’Agriculture.
Combien d’oliviers y a-t-il en Syrie ?
Les données publiées en 2025 faisaient état de plus de 101 millions d’oliviers, dont environ 90 millions d’arbres productifs.
Quelles sont les principales variétés d’olives syriennes ?
Le patrimoine oléicole syrien comprend notamment des variétés comme Sorani, Zeiti, Qaisi, Khodeiri et Doebli. Plusieurs autres cultivars locaux font également l’objet d’études et de travaux de conservation.
L’huile d’olive syrienne est-elle consommée localement ?
Oui. La consommation intérieure représente une part importante de la production. Pour la campagne 2024, environ 100 000 tonnes d’huile d’olive étaient destinées à la consommation locale sur une production totale de 122 000 tonnes.
Pourquoi la production d’olives varie-t-elle autant en Syrie ?
Les rendements peuvent varier en fonction des précipitations, des températures, des ravageurs, des maladies et du phénomène d’alternance de production. Les conditions climatiques jouent donc un rôle important dans les résultats de chaque campagne.
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