Olives et huile d’olive en Jordanie
La Jordanie possède une longue tradition oléicole. Dans ce pays du Proche-Orient, l’olivier occupe une place importante dans l’agriculture et dans la vie rurale. Les oliveraies couvrent une superficie importante du territoire agricole et fournissent à la fois des olives destinées à l’extraction d’huile et des olives de table.
La Jordanie possède également plusieurs variétés locales adaptées à ses conditions de culture. Parmi elles figurent notamment la Nabali Baladi, la Nabali Muhassan et la Souri. Le pays conserve aussi un patrimoine oléicole ancien, illustré par la présence d’oliviers âgés et par des vestiges d’anciennes installations de transformation.
L’olivier, une culture ancienne en Jordanie
L’olivier fait partie des cultures emblématiques du bassin méditerranéen et du Levant. La Jordanie se situe dans une région où l’histoire de cet arbre remonte à plusieurs millénaires.
Le Centre national jordanien de recherche agricole indique que la culture de l’olivier dans le bassin méditerranéen remonte à environ 6 000 ans. Le pays possède par ailleurs des oliviers anciens dans plusieurs régions, notamment dans le gouvernorat d’Ajloun et dans la région de Wadi Rum.
Les vestiges archéologiques témoignent également de l’importance historique de l’olivier. Dans plusieurs villages d’Ajloun, d’Irbid, de Balqa, de Jerash et de Tafila, on trouve encore des oliviers anciens ainsi que des pressoirs en pierre associés aux périodes historiques de la région.
Aujourd’hui encore, l’olivier conserve une place importante dans l’agriculture jordanienne.

Où sont cultivés les oliviers en Jordanie ?
Les oliveraies sont présentes dans différentes régions du pays. Le climat et les conditions de culture varient cependant fortement selon les territoires.
Les variétés locales se répartissent elles aussi selon les régions. Les données du Conseil oléicole international recensent treize variétés locales dans différentes zones de Jordanie, notamment à Irbid, Jerash, Ajloun, Balqa, Mafraq, Amman, Madaba, Karak, Tafila, Ma’an et Aqaba.
La culture de l’olivier repose à la fois sur des parcelles alimentées par les précipitations et sur des cultures irriguées. Cette diversité des conditions contribue aux différences observées entre les variétés et les huiles produites.
Quelles sont les principales variétés d’olives en Jordanie ?
La Jordanie possède une importante diversité variétale. Le Conseil oléicole international identifie notamment cinq grands cultivars autochtones : Nabali Baladi, Nabali Muhassan, Souri, Rumi et Nasouhi Jaba.
La Nabali Baladi
La Nabali Baladi compte parmi les principales variétés traditionnelles de Jordanie. Elle fait partie des cultivars locaux les plus importants du pays.
Cette variété présente un intérêt à la fois pour la production d’huile et pour la consommation comme olive de table. Sa présence dans différentes régions témoigne de son adaptation aux conditions locales.
La Nabali Muhassan
La Nabali Muhassan constitue une autre variété locale importante. Elle appartient au groupe des cultivars traditionnellement cultivés en Jordanie.
Comme pour les autres variétés, ses caractéristiques peuvent varier selon le lieu de culture, les conditions climatiques et les pratiques agricoles.
La Souri
La Souri figure également parmi les principales variétés jordaniennes. Elle est notamment présente dans les régions de Jerash et d’Ajloun.
Les travaux consacrés au secteur oléicole jordanien soulignent les qualités chimiques et sensorielles particulières des huiles issues des variétés locales.
La Rumi
La Rumi fait partie des cultivars traditionnellement présents en Jordanie. Les travaux récents du Centre national de recherche agricole permettent toutefois de mieux distinguer certains oliviers anciens autrefois regroupés sous cette appellation.
C’est notamment le cas du Mahras, un patrimoine oléicole ancien auquel les chercheurs jordaniens consacrent aujourd’hui des travaux spécifiques.
La Nasouhi Jaba
La Nasouhi Jaba fait également partie des cinq principaux cultivars autochtones étudiés par le Conseil oléicole international. Elle s’inscrit dans la diversité génétique des oliviers traditionnellement cultivés en Jordanie.
Le Mahras, un patrimoine oléicole ancien
Le Mahras constitue l’un des aspects les plus remarquables du patrimoine oléicole jordanien.
Le Centre national de recherche agricole travaille à identifier et préserver ces oliviers anciens, notamment dans la région d’Al-Maysar, à Al-Hashemiyah dans le gouvernorat d’Ajloun. Des recherches génétiques récentes menées par des chercheurs jordaniens indiquent que le Mahras appartient à une lignée génétique particulièrement ancienne du bassin méditerranéen.
Les recherches consacrées à cette variété ont également relevé une teneur en huile pouvant atteindre 30 % dans les fruits étudiés. Son huile présente une forte proportion d’acide oléique, ainsi que des caractéristiques sensorielles décrites comme fruitées.
La conservation de ces arbres représente donc un enjeu à la fois agricole, scientifique et patrimonial.

Répartition des cultivars d’olives en Jordanie
Quelle quantité d’huile d’olive produit la Jordanie ?
La production jordanienne varie fortement d’une campagne à l’autre.
Selon le Centre national de recherche agricole, la production de fruits d’olivier se situe généralement autour de 150 000 à 200 000 tonnes sur les années prises en référence. Environ 80 % de cette production servent à produire de l’huile d’olive. Le centre estime ainsi la production annuelle d’huile autour de 23 000 à 27 000 tonnes sur cette période.
Les statistiques officielles montrent toutefois que les volumes peuvent connaître des variations importantes.
Pour la campagne 2025, la Jordanie a produit 16 342 tonnes d’huile d’olive, contre 35 828 tonnes lors de la campagne précédente. La moyenne enregistrée entre 2012 et 2024 atteignait 24 923 tonnes.
Ces chiffres montrent pourquoi il faut éviter de présenter une seule quantité comme représentative de la production jordanienne chaque année.
Pourquoi la production d’huile d’olive varie-t-elle ?
Plusieurs facteurs expliquent les variations de production.
L’olivier peut notamment connaître un phénomène d’alternance, avec une récolte importante suivie d’une production plus faible. Les travaux consacrés au secteur jordanien identifient ce phénomène comme l’une des causes des variations annuelles.
Les conditions météorologiques jouent également un rôle important. Le Centre national de recherche agricole signale notamment l’irrégularité des précipitations, les périodes de sécheresse, les épisodes de chaleur et les changements dans la répartition des pluies.
Ces conditions peuvent influencer la floraison, le développement des fruits et, finalement, la quantité d’huile obtenue après la récolte.
Les chercheurs jordaniens étudient notamment les variétés locales afin d’identifier celles qui présentent une meilleure adaptation aux conditions climatiques futures.
Comment les olives sont-elles utilisées en Jordanie ?
Les olives jordaniennes servent principalement à deux usages : la production d’huile d’olive et la préparation d’olives de table.
Le secteur oléicole jordanien consacre une grande partie de la récolte à l’extraction de l’huile. Une autre partie rejoint la filière des olives de table, consommées vertes ou noires.
Cette double utilisation explique l’importance de certaines variétés capables de répondre à plusieurs usages.
Le pays dispose également d’un réseau important d’huileries modernes. Les informations du Centre national de recherche agricole indiquent que la majorité des installations utilisent aujourd’hui des équipements modernes d’extraction.
Quelles sont les caractéristiques de l’huile d’olive jordanienne ?
Les caractéristiques de l’huile d’olive jordanienne dépendent notamment de la variété utilisée, de la région de production, du degré de maturité des olives, des conditions climatiques et des méthodes d’extraction.
Le Conseil oléicole international a étudié plusieurs cultivars jordaniens, dont la Nabali Baladi, la Nabali Muhassan, la Souri et la Rumi. Ces travaux montrent l’intérêt de caractériser les huiles selon leurs profils chimiques et leurs propriétés sensorielles.
L’huile issue du Mahras présente notamment une proportion élevée d’acide oléique et des notes fruitées relevées dans les études consacrées à ce cultivar.
Il est donc préférable de parler des huiles d’olive jordaniennes au pluriel : leur profil dépend de nombreux facteurs et ne se résume pas à une seule caractéristique.
L’huile d’olive dans la culture jordanienne
En Jordanie, l’olivier dépasse largement le cadre de la production agricole.
Il participe à l’activité économique des zones rurales et reste étroitement associé au patrimoine agricole du pays. Les oliviers anciens, les variétés locales et les anciennes installations de transformation témoignent de cette relation durable entre les populations et l’arbre.
Le secteur représente également une source de revenus importante pour de nombreuses familles rurales. Le Centre national de recherche agricole estime que la filière concerne directement plus de 80 000 familles rurales jordaniennes.
La récolte des olives constitue ainsi un moment important du calendrier agricole et contribue à maintenir un savoir-faire transmis entre générations.
Les défis de l’oléiculture jordanienne
Comme de nombreux pays producteurs du bassin méditerranéen, la Jordanie doit aujourd’hui composer avec des conditions climatiques plus difficiles.
La disponibilité de l’eau, l’évolution des températures et l’irrégularité des précipitations représentent des enjeux importants pour les cultures. Le Centre national de recherche agricole travaille notamment sur la conservation des variétés locales et sur leur utilisation dans des programmes de sélection et d’adaptation au changement climatique.
La préservation de la diversité variétale constitue donc un enjeu majeur pour l’avenir de l’oléiculture jordanienne.
Questions fréquentes sur les olives et l’huile d’olive en Jordanie
Quelles sont les principales variétés d’olives en Jordanie ?
Les principales variétés autochtones étudiées en Jordanie sont notamment la Nabali Baladi, la Nabali Muhassan, la Souri, la Rumi et la Nasouhi Jaba. Le pays possède également d’autres variétés locales et des cultivars introduits.
Combien d’huile d’olive produit la Jordanie ?
La production varie selon les campagnes. Les statistiques officielles indiquent une production de 16 342 tonnes en 2025, contre 35 828 tonnes en 2024. La moyenne des années 2012 à 2024 s’établissait à 24 923 tonnes.
Où sont cultivés les oliviers en Jordanie ?
Les oliviers poussent dans de nombreuses régions du pays, notamment dans les gouvernorats d’Ajloun, Jerash, Irbid, Balqa, Mafraq, Amman, Madaba, Karak et Tafila. La répartition des variétés varie selon les territoires.
Qu’est-ce que le Mahras ?
Le Mahras désigne un patrimoine oléicole ancien étudié par le Centre national de recherche agricole jordanien. Des recherches génétiques récentes ont mis en évidence son intérêt particulier et son ancienneté au sein du patrimoine oléicole méditerranéen.
Les olives jordaniennes servent-elles uniquement à produire de l’huile ?
Non. Une partie de la récolte sert également à préparer des olives de table, consommées vertes ou noires. Environ 80 % de la production d’olives est toutefois destinée à l’extraction d’huile selon les données du secteur citées par le NARC.
À retenir
La Jordanie possède une véritable tradition oléicole, fondée sur une diversité de variétés locales et sur un patrimoine particulièrement ancien.
La Nabali Baladi, la Nabali Muhassan, la Souri, la Rumi et la Nasouhi Jaba figurent parmi les principaux cultivars autochtones étudiés. Le pays conserve également des oliviers anciens comme le Mahras, qui fait aujourd’hui l’objet de recherches génétiques et agronomiques.
La production d’huile d’olive varie fortement d’une campagne à l’autre, notamment sous l’effet de l’alternance et des conditions climatiques. Malgré ces défis, l’olivier reste une culture majeure de l’agriculture jordanienne et un élément important de son patrimoine rural.
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