Olives et huile d’olive en Palestine : histoire, variétés et production
Depuis des siècles, l’olivier occupe une place importante dans les paysages et l’agriculture de Palestine. Cultivé principalement dans les régions vallonnées, il fournit à la fois des olives de table et une matière première essentielle pour la production d’huile d’olive.
La culture de l’olivier fait également partie des activités agricoles qui font vivre de nombreuses familles. Aujourd’hui encore, les variétés locales comme la Nabali Baladi et la Souri occupent une place importante dans les oliveraies palestiniennes.
Alors, où sont cultivées les olives en Palestine ? Quelles sont les principales variétés ? Comment produit-on l’huile d’olive palestinienne ? Et quelles difficultés rencontrent aujourd’hui les producteurs ?
L’olivier, une culture ancienne en Palestine
L’histoire de l’olivier en Palestine s’inscrit dans celle, plus large, de l’agriculture méditerranéenne et du Proche-Orient. Des recherches historiques montrent que la culture de l’olivier et la production d’huile ont joué un rôle important dans l’alimentation et l’économie locales pendant plusieurs siècles. Une étude publiée en 2026 a notamment reconstitué l’évolution des oliveraies palestiniennes sur une période allant de l’époque mamelouke jusqu’à la fin du mandat britannique en 1947.
Cette ancienneté explique en partie la présence de variétés locales adaptées aux conditions du territoire. Certaines d’entre elles appartiennent à des groupes variétaux également présents dans les pays voisins du Levant.
L’olivier possède aussi une grande importance dans les exploitations familiales. La récolte fournit des olives destinées à la consommation et permet aux agriculteurs de produire leur propre huile ou de l’apporter dans les moulins de leur région.
Pour mieux comprendre cette histoire, vous pouvez également découvrir notre article consacré à l’histoire de l’olive.

Localisation des oliviers en Palestine
Une production confrontée à des conditions difficiles
Comme dans d’autres régions méditerranéennes, les producteurs palestiniens doivent composer avec les conditions climatiques.
La sécheresse constitue notamment un facteur susceptible de réduire la production et le rendement des oliviers. Une étude consacrée à la Nabali Baladi en Cisjordanie a montré que le stress hydrique prolongé pouvait affecter la charge en fruits, la production d’huile, la qualité de l’huile et l’alternance des récoltes.
La FAO souligne également que l’évolution des conditions chaudes et sèches rend l’adaptation des pratiques agricoles particulièrement importante. Des programmes de formation ont notamment porté sur la taille et l’irrigation afin d’améliorer les rendements tout en réduisant les besoins en eau.
La situation actuelle du secteur reste également marquée par le contexte du conflit. En juillet 2026, le ministère palestinien de l’Agriculture déclarait que le territoire comptait environ 13 millions d’oliviers sur près d’un million de dunums et signalait d’importants dommages affectant le secteur oléicole, notamment dans la bande de Gaza. Ces données proviennent du ministère palestinien et doivent donc être replacées dans leur contexte institutionnel.
Ces difficultés renforcent les enjeux liés à la préservation des vergers, à l’accès aux terres agricoles et à la conservation des variétés locales.

Où sont cultivées les olives en Palestine ?
La culture de l’olivier se concentre principalement en Cisjordanie, notamment dans les zones vallonnées du nord et du centre.
Les régions de Jénine, Naplouse, Salfit, Tulkarem, Ramallah et leurs environs comptent parmi les territoires associés à la production d’huile d’olive. Une étude consacrée aux huiles issues de la variété Nabali a notamment comparé des productions provenant de Jénine, Naplouse, Salfit et Qalqilya. Elle a montré des différences de composition entre les huiles selon leur zone de production.
Le relief et le climat jouent donc un rôle important dans l’oléiculture palestinienne. Une grande partie des oliveraies repose sur une agriculture pluviale, même si certaines exploitations utilisent également une irrigation complémentaire.
La FAO souligne d’ailleurs que les conditions chaudes et sèches rendent la gestion de l’eau particulièrement importante pour maintenir la production et améliorer les rendements.
Quelles sont les principales variétés d’olives palestiniennes ?
La Palestine possède plusieurs variétés locales. Parmi les plus importantes figurent la Nabali Baladi, la Souri et la Nabali Mohassan.
La Nabali Baladi
La Nabali Baladi figure parmi les variétés emblématiques de l’oléiculture palestinienne. Le catalogue mondial du Conseil oléicole international la rattache au groupe Souri et indique qu’elle est particulièrement représentée dans les régions vallonnées du nord et du centre de la Cisjordanie.
Cette variété possède une double utilisation. Ses fruits peuvent servir à la préparation d’olives de table, mais aussi à la production d’huile.
Le Conseil oléicole international indique une teneur en huile élevée, comprise dans sa fiche variétale entre 28 et 33 %. Il décrit également une huile aromatique appréciée dans les régions de production.
La Nabali Baladi s’adapte par ailleurs à des conditions relativement difficiles. Elle résiste notamment au froid et à la sécheresse, même si elle reste sensible à certains ravageurs et maladies de l’olivier.
La Souri
La Souri constitue une autre variété traditionnelle importante du Levant. Elle est principalement destinée à la production d’huile, même si ses fruits peuvent également servir à la préparation d’olives de table.
Des travaux du Conseil oléicole international indiquent que cette variété possède une histoire ancienne dans la région. Des études archéologiques sur les noyaux d’olives montrent notamment que son utilisation commerciale remonte à plusieurs siècles.
La Souri produit une huile pouvant présenter une certaine intensité aromatique ainsi qu’une amertume et un piquant caractéristiques. Comme pour toutes les huiles d’olive, le profil final dépend cependant de nombreux facteurs : variété, maturité des fruits, conditions de culture, récolte et extraction.
La Nabali Mohassan
La Nabali Mohassan, également appelée Muhassan dans certaines publications, est issue du patrimoine variétal local.
Le Conseil oléicole international la décrit comme une variété à double usage, utilisée aussi bien pour l’huile que pour les olives de table. Elle s’est notamment développée grâce à sa vigueur, son rendement et la taille de ses fruits. Son huile peut présenter des notes plus douces.
Ces variétés montrent ainsi la diversité du patrimoine oléicole palestinien.
Comment récolte-t-on les olives en Palestine ?
La récolte représente une période importante dans la vie des exploitations oléicoles.
Dans les systèmes traditionnels, les producteurs récoltent les fruits lorsque ceux-ci atteignent le stade de maturité recherché. Le moment choisi dépend notamment de la variété, du climat et de l’utilisation prévue des olives.
Pour la production d’huile, le stade de récolte influence directement les caractéristiques du produit final. Des olives récoltées plus tôt peuvent donner des huiles présentant davantage de notes végétales, tandis qu’une maturité plus avancée modifie progressivement le profil aromatique.
Le Conseil oléicole international décrit également des systèmes traditionnels dans lesquels les olives sont récoltées manuellement.
Après la récolte, les fruits rejoignent les moulins afin d’être transformés rapidement dans de bonnes conditions.
Comment produit-on l’huile d’olive palestinienne ?
La fabrication de l’huile d’olive commence par la récolte des fruits.
Les olives sont d’abord transportées vers le moulin. Elles passent ensuite par plusieurs étapes :
- le nettoyage et le tri des olives ;
- le broyage des fruits ;
- le malaxage de la pâte ;
- l’extraction de l’huile ;
- la séparation de l’huile et des autres composants ;
- le stockage.
La rapidité et les conditions de transformation jouent un rôle important dans la qualité de l’huile obtenue.
La variété utilisée compte également beaucoup. Une étude consacrée aux huiles monovariétales de Nabali produites dans le nord de la Cisjordanie a notamment observé des différences entre les huiles provenant de différentes zones de production. Les chercheurs ont étudié leur composition en acides gras et en composés phénoliques, entre autres paramètres.
Le terroir ne constitue donc pas un simple élément géographique : il peut contribuer aux différences observées entre les huiles.
Quel goût possède l’huile d’olive palestinienne ?
Il n’existe pas un seul profil gustatif pour toutes les huiles d’olive palestiniennes.
La variété, le lieu de culture, le climat, la date de récolte et les méthodes de transformation influencent les caractéristiques sensorielles de l’huile.
Certaines huiles issues de variétés comme la Nabali Baladi peuvent présenter un fruité accompagné d’une certaine amertume et d’un piquant. Le Conseil oléicole international décrit également la Souri comme pouvant donner une huile aromatique et relativement intense.
Ces sensations font partie des caractéristiques naturelles d’une huile d’olive. Le fruité, l’amertume et le piquant constituent d’ailleurs des attributs sensoriels reconnus lors de l’évaluation de l’huile d’olive.
Pour découvrir les différentes expressions de l’huile d’olive, vous pouvez également consulter notre sélection de huiles d’olive.
Quelle place occupe l’oléiculture dans l’économie palestinienne ?
L’olivier ne représente pas uniquement une culture traditionnelle. Il joue également un rôle économique important pour de nombreuses exploitations agricoles.
La FAO indiquait en 2023 que le secteur agricole palestinien soutenait les moyens de subsistance d’environ 75 000 ménages agricoles et générait environ 100 000 emplois saisonniers ou à temps partiel. L’organisation soulignait également le rôle de l’oléiculture dans les moyens de subsistance ruraux.
La production concerne plusieurs activités :
- culture et entretien des oliviers ;
- récolte des fruits ;
- transport ;
- transformation dans les moulins ;
- production d’huile ;
- préparation des olives de table ;
- commercialisation.
Cette organisation permet à l’olivier de conserver une place importante dans l’économie rurale.
Pourquoi l’olivier reste-t-il si important en Palestine ?
L’importance de l’olivier s’explique par plusieurs facteurs.
Une culture adaptée au climat méditerranéen
L’olivier supporte relativement bien les périodes de sécheresse et peut pousser dans des zones où d’autres cultures rencontrent davantage de difficultés.
Une production diversifiée
Un même verger peut fournir des olives destinées à la production d’huile et, selon la variété et le marché, des olives de table.
Un patrimoine variétal
Les variétés locales comme la Nabali Baladi, la Souri et la Nabali Mohassan témoignent d’une longue histoire agricole.
Une activité économique
La production d’olives mobilise de nombreux travailleurs au moment de la récolte et fait vivre une partie des activités rurales.
L’olivier représente ainsi à la fois une ressource agricole, un élément du paysage et un patrimoine transmis au fil des générations.
Olives et huile d’olive en Palestine : ce qu’il faut retenir
La Palestine possède une tradition oléicole ancienne et un patrimoine variétal particulièrement intéressant.
La Nabali Baladi occupe une place centrale dans cette production, aux côtés de variétés comme la Souri et la Nabali Mohassan. Les oliviers se concentrent principalement dans les régions vallonnées de Cisjordanie et fournissent aussi bien des olives de table que des fruits destinés à la production d’huile.
Le profil des huiles palestiniennes varie selon les variétés, les régions et les conditions de production. Les recherches consacrées aux huiles de Nabali montrent d’ailleurs que l’origine géographique peut entraîner des différences de composition.
Aujourd’hui, les producteurs doivent toutefois composer avec des défis liés à l’eau, au climat et au contexte agricole et politique. La préservation des oliveraies et des variétés locales constitue donc un enjeu important pour l’avenir de cette filière.
FAQ sur les olives et l’huile d’olive en Palestine
Quelle est la principale variété d’olive palestinienne ?
La Nabali Baladi compte parmi les principales variétés de l’oléiculture palestinienne. Le Conseil oléicole international indique qu’elle représente une très grande proportion des oliviers en production dans ses données variétales consacrées à la Palestine.
Où sont cultivées les olives en Palestine ?
Les oliviers sont principalement cultivés en Cisjordanie, notamment dans les zones vallonnées du nord et du centre. Des régions comme Jénine, Naplouse, Salfit, Tulkarem et Ramallah sont associées à la production oléicole.
Les olives palestiniennes servent-elles uniquement à produire de l’huile ?
Non. Certaines variétés possèdent une double utilisation. La Nabali Baladi, par exemple, peut servir aussi bien à produire de l’huile qu’à préparer des olives de table.
Quel est le goût de l’huile d’olive palestinienne ?
Il varie selon la variété, le terroir, la maturité des olives et les méthodes de transformation. Certaines huiles peuvent présenter un fruité marqué accompagné d’amertume et de piquant, mais il n’existe pas un profil unique pour toutes les huiles palestiniennes.
Pourquoi l’olivier est-il important en Palestine ?
L’olivier représente une ressource agricole et économique importante pour de nombreuses familles rurales. Il fournit des olives de table et de l’huile et participe à la préservation d’un patrimoine variétal ancien. La FAO souligne également son rôle dans les moyens de subsistance des populations rurales.
Peut-on trouver plusieurs variétés d’olives au Proche-Orient ?
Oui. Plusieurs variétés traditionnelles sont cultivées dans différents territoires du bassin méditerranéen oriental. Certaines, comme la Nabali Baladi et la Souri, présentent une diffusion qui dépasse les frontières actuelles de la Palestine.
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